Mourir Musulman

Document établi par la Grande Mosquée de Clermont – Auvergne sous l’autorité de son Recteur et Imam, le Cheikh Hocine MAHDJOUB Théologien.  

Illustration: Carré musulman cimetière de Bobigny- France- Source : www.bobigny.fr/jsp/site/Portal.jsp?page_id=144


La mort en Islam est considérée comme un passage entre ce monde et l’au-delà. Seul le corps du défunt est périssable. Venu de terre, il retourne à la terre. L’âme est éternelle. L’âme du défunt va dans un monde intermédiaire, dit le «  barzakh », ou « l’isthme ». Dans cet inter- mondes, elle attend le jour de la résurrection pour être jugée. Mais d’ores et déjà, elle jouit ou souffre de ces bonnes ou mauvaises œuvres accomplies sur terre. C’est pour cela que la prière pour les morts est recommandée, en particulier, celle des enfants pour leurs parents décédés.  
إذا مات العبد انقطع عمله إلا من ثلاث: صدقة جارية، أو علم ينتفع به و ولد صالح يدعو له.
حديث

   «  Une fois mort, l’œuvre de l’être humain s’arrête sauf pour trois :
-une aumône perpétuelle[1]
-ou une science utile

-et un enfant pieux  qui prie pour lui. » Hadith
 
 

Le rituel de la mort et des funérailles est à la fois simple et rigoureux en Islam. Le musulman accorde une importance extrême à cet instant où, rappelé à Dieu, il rend l’âme. Le témoignage ou la profession de foi[2], formulée à ce moment, est la garantie pour lui, d’un séjour agréable dans le « barzakh » et d’une vie éternelle au paradis. Nous devons alors veiller à écarter toute source de nuisance et tout acte susceptible de perturber la personne qui agonise. Les conditions doivent être réunies, autant que possible, pour que l’endroit soit calme, parfumé et serein.   Appeler un imam ou un religieux ou toute autre personne musulmane capable de l’aider, de recueillir éventuellement ses dernières volontés et de lui faire prononcer la profession de foi. Le rassurer quant à l’immense Miséricorde divine.  Une fois décédé, il faut préserver le calme et la sérénité du lieu. Il est défendu aux proches d’y manifester leur peine de façon excessive,  par des cris ou autres gestes déplacés en pareilles circonstances. Car en Islam, de tels comportements trahissent un manque de foi et de confiance en Dieu, voire une contestation de sa volonté. Or Dieu le Miséricordieux, n’a fait que reprendre ce qui Lui appartient.   En cas de décès à l’hôpital : Il est recommandé d’orienter le mourrant vers la Mecque ([3])ou faire de sorte que son visage y soit orienté, de reposer ses bras sur sa poitrine ou le long du corps et d’ôter toute image ou statue qui se trouverait dans les lieux. Informer la Mosquée ([4]) ou l’aumônier musulman. Veiller à l’intégrité du corps. Rien, absolument rien ne doit être enlevé du corps (ni cheveux, ni ongles, ou autre…),  n’autoriser personne à le faire. Hormis, les autorités judiciaires dûment habilitées (pour les besoins d'une enquête éventuelle). La toilette rituelle (dite parfois Coranique ou musulmane) : Il y a lieu de distinguer les hommes des femmes. Aussi, un service pour chaque sexe doit être assuré par des personnes musulmanes du sexe du défunt. Contrairement à une idée reçue, les époux sont prioritaires pour laver l’un l’autre.[5]   Elle consiste en 3 étapes et dans l’ordre qui suit:

*       La première a pour but de laver le corps de toute souillure. On utilise eau, savon et shampoing. Elle commence par les parties intimes. Le laveur utilisera un gant de toilette, mais en aucun cas, il dévoilera le défunt. Un drap doit toujours cacher sa nudité.   *       La  deuxième, la plus importante puisque obligatoire, a pour but de purifier le corps. Elle se fait avec de l’eau uniquement. Une eau pure et tiède.   *       La troisième a pour but de rafraîchir et de parfumer le corps. On utilise une eau parfumée. On lavera les membres tel que pour la prière canonique puis le côté droit du corps et enfin le côté gauche. On parfumera les parties du corps sur lesquelles se prosternait le défunt pour prier ( front, mains, genoux, pieds) Rappel : Un homme a le droit et la priorité de laver son épouse. Il en est de même pour une femme par rapport à son mari.  A savoir :  
  *       Le défunt est sensible aux témoignages de compassion et d’affection. L’islam interdit les pratiques suivantes:  *      La thanatopraxie. C’est une pratique qui consiste à améliorer l’aspect du défunt (injection d’un produit à base de formol). Elle est, cependant, exigée lors de certains transports vers des pays étrangers. *       La crémation (incinération) : Le corps est détruit par le feu. Les cendres sont récupérées dans une urne.  
Le Linceul : En coton blanc de préférence. On le parfumera. Il est préférable d’utiliser un nombre impair de tissus (3, ou 5 pour un homme ; 7 pour une femme). Le corps en sera enveloppé avec respect et douceur.   La mise au cercueil: Le corps doit être déposé avec égards. On tâchera de le mettre sur le côté droit afin de le maintenir face en direction de la Mecque. L’inhumation et la prière : Se sont les musulmans qui portent le cercueil, prioritairement les proches du défunt (père, fils, frères, …). La mise au tombeau se fait après la prière que dirige un Imam ou tout autre personne qualifiée après accord express des ayants droit.[6]. Ces derniers sont prioritaires pour diriger la prière funéraire. L’ordre des priorités entre ayants droit est strictement codifié en Islam. Ceci car le fait de diriger la prière constitue un acte de haute portée spirituelle et par conséquent méritoire. La prière a lieu le plus souvent au cimetière. Il n’est pas interdit de faire un passage par la mosquée, voire d’y faire la prière. Auquel cas, on ne la refait pas au cimetière où l’on procède directement à la mise en terre. Le tombe est également orientée vers la Mecque. Pendant ce temps, les personnes présentes récitent le Coran, bénissent le Prophète, Salut et Paix de Dieu sur Lui ; et implorent le pardon de Dieu pour l’âme du défunt (e).  Les musulmans se doivent en pareilles circonstances, solidarité et compassion.   L’enterrement en France se fait dans les cimetières, dans des carrés réservés aux musulmans quant ils existent. C’est une bienveillance qui tend à se généraliser.   A noter que le rôle des pompes funèbres est sensiblement allégé par la coopération des associations musulmanes, les proches et amis du défunt(e) ; pour qui, mettre en terre, un coreligionnaire, est un acte de foi.   Les pompes funèbres s’occupent du convoi et des démarches administratives. Un grand respect et une réelle collaboration ont pu voir le jour et se pérenniser depuis quelques années. Enfin, il est à noter que l'enterrement rituel des morts, est une obligation religieuse qui incombe à la collectivité. Dès lors que quelques membres de la communauté s'en occupent, les autres en sont alors libérés. Il est plus que recomandé de se rapprocher des doctes et des érudits pour recevoir leur enseignement approfondi, en ce domaine comme en d'autres. Car le savoir est une obligation pour tout (e) musulman. [1] : Comme creuser un puits, construire une école, un asile…. [2] Il n’y a de Dieu qu’Allah et Muhammed est le Messager d’Allah [3] En France, vers le Sud- Est [4] A CLERMONT : La Grande Mosquée Tél : 04.73.36.21.90 ou 06.09.93.41.27 [5] Voir, entre autres références, « As’hal Al masalik », chapitre de l’agonisant- rite Malikite
[6] Une autre idée reçue consiste à croire que la prière sur le mort, revient à l’Imam. Il y a lieu de respecter impérativement, si elle existe, la recommandation du défunt lui-même ou de solliciter l’accord de ses ayants droit.

Signaler un décès

Pour signaler un décès :

Appeler M.DAOUDI au 06.03.99.76.53

Pompes Funèbres Musulmanes de la Grande Mosquée
RAHMA AUVERGNE